Le bio, moteur de développement en Afrique ?

En Afrique, l’essor de l’agriculture biologique est bien là, même s’il est encore timide. Au Cirad, des chercheurs étudient les conditions technologiques et institutionnelles pour accompagner une agriculture biologique capable de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et de croissance démographique du continent. Des résultats présentés lors de la 4e conférence africaine sur l’agriculture biologique organisée au Sénégal, du 5 au 8 novembre.

Le bio, une trajectoire structurante du développement agricole

En Afrique, les enjeux du développement de l’agriculture biologique ont un caractère spécifique en raison du besoin de sécuriser l’alimentation d’une population en pleine croissance démographique mais aussi de la permanence d’une agriculture d’autoconsommation très peu consommatrice d’intrants chimiques. Plutôt connu par le biais de produits certifiés et exportés vers les pays du Nord, le potentiel de l’agriculture biologique pour le développement du continent est encore peu éprouvé. Ce mouvement est pourtant en plein essor. Une synthèse collective, animée par Ludovic Temple, économiste au Cirad, documente comment le bio peut constituer une trajectoire technologique structurante du développement du secteur agricole et alimentaire en Afrique.

Émergence d’un mouvement continental

Depuis quelques années, l’agriculture biologique s’institutionnalise en Afrique avec la naissance de réseaux au niveau continental comme AfrONet (African Organic Network), créé en 2014. Il promeut l’agriculture biologique et écologique sur le continent à travers l’organisation d’événements comme la quatrième conférence africaine sur l’agriculture biologique qui aura lieu très prochainement au Sénégal, avec la participation du Cirad (voir encadré).

La success-story de l’Ouganda

En Ouganda, l’agriculture biologique s’est progressivement institutionnalisé depuis les années 1990. Ce pays d’Afrique de l’Est compte aujourd’hui 200 000  producteurs certifiés « bio », un mouvement national a émergé (NOGAMU - National Organic Agricultural Movement of Uganda) et une politique dédiée est en cours d’élaboration. « Dans ce pays, le bio est adopté par une agriculture majoritairement familiale, et en terme de nombre d’agriculteur engagé dans le mouvement, l’Ouganda est le premier pays africain, et le deuxième dans le monde après l’Inde,  » précise Pauline Bendjebbar, doctorante au Cirad qui a consacré sa thèse de sciences politiques à l’institutionnalisation de l’agriculture biologique en Afrique.

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Le bio, moteur de développement en Afrique ?
Lundi 5 Novembre 2018 (Jour entier) - Jeudi 8 Novembre 2018 (Jour entier)
Dakar