Forêt amazonienne : l’exploitation sélective ne suffira pas à maintenir un approvisionnement durable en bois

En forêt amazonienne, l’exploitation sélective ne permettra pas de fournir suffisamment de bois pour satisfaire la demande régionale sur le long terme. C’est le principal résultat de la nouvelle étude menée par l’Observatoire des forêts tropicales aménagées (TmFO), publiée le 13 juin dans la revue Environmental Research Letters.

Environ 20 % de l’ensemble des forêts du bassin amazonien est utilisé pour produire du bois. L’exploitation sélective ne concerne habituellement que quelques arbres par hectare, la forêt se régénérant ensuite naturellement jusqu’à la prochaine exploitation. « L’exploitation sélective crée de l’emploi et génère des revenus, tout en préservant l’essentiel de la biodiversité et des réserves de carbone de cette forêt, commente Camille Piponiot, chercheuse au Cirad, première auteure de l’étude. « Mais avec 30 millions de mètres cubes de bois extraits chaque année des forêts naturelles, les décisions prises à propos de la gestion des 108 millions d'hectares de forêts naturelles dédiées à la production sont cruciales. »

Neuf pays impliqués dans la gestion de la forêt amazonienne

La gestion concertée des ressources de la forêt amazonienne est une tâche particulièrement difficile, car elle concerne neuf pays (Brésil, Equateur, Venezuela, Suriname, Pérou, Colombie, Bolivie, Guyana, Guyane française). « De nombreux pays de l’Amazonie ont adopté des lois limitant l’intensité d’exploitation et imposant un délai minimum entre deux coupes, afin d’éviter l’épuisement des réserves de bois, explique Bruno Hérault, expert des forêts tropicales au Cirad. Mais ces législations nationales ne suffisent pas. En général, ces pays font l’hypothèse qu’une période de 20 à 35 ans est suffisante pour que la forêt retrouve ses stocks de bois exploitable. Or, il est maintenant prouvé que, sans une limite forte sur les intensités d’exploitation, les pratiques actuelles ne sont pas durables. »

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