Visite des installations de l’Andra à Bure

Par Françoise de Blomac le mar 2/10/18 - 16:20

Nous étions huit pour cette visite du laboratoire souterrain de l’ANDRA le 24 septembre 2018. Une journée bien remplie pour découvrir ce site, situé aux confins du bassin parisien. Géologie, géosciences, physique, chimie, génie civil… toutes les sciences étaient là, à 500 mètres sous terre. 

« Ce n’est pas l’ANDRA qui fait la loi, c’est la loi qui fait l’ANDRA » : Pierre-Marie Abadie, le directeur général de l’ANDRA, que nous avons retrouvé dans le minibus qui nous emmène de la gare Meuse-TGV (dite gare des vaches) au laboratoire de l’ANDRA à Bure, met les choses au point. Même si la dimension politique, éthique et sociétale du projet CIGEO nous préoccupe tous, c’est avant tout un objet scientifique étonnant que nous allons découvrir : un laboratoire souterrain grandeur nature pour tester, mesurer, anticiper les travaux du futur centre d'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux, dont la construction devrait commencer en 2022. Après avoir découvert la réalité physique des déchets (à quoi ressemblent les différentes catégories de déchets, comment les plus dangereux sont compactés ou vitrifiés dans des cylindres en acier, comment ces derniers seront ensuite inséré dans des alvéoles ou assemblés des gros blocs de béton avant leur descente)… nous découvrons le pourquoi du site, entre Meuse et Haute-Marne : une couche d’argile (Callovo-Oxfordien) qui devrait empêcher la dispersion des radios nucléides pendant 1 million d’années, même longtemps après la fin de vie des bétons et aciers dans lesquels ils ont été transportés. Les discussions sont vives au déjeuner, car nous voilà dans un sujet où il est demandé à la science de se projeter sur une échelle temporelle bien loin de toute expérience humaine. N’y a-t-il pas d’autre solution ? Jusqu’où ira la réversibilité ? Tout a-t-il été prévu ? Comment garder la mémoire du site pendant des centaines de milliers d’années ?

En début d’après-midi, dûment briefés et harnachés, nous voilà partis pour une descente à 500 mètres de profondeur dans un laboratoire qui ressemble plus à une mine qu’à un haut lieu de la science avec ses 2000 m de galeries. Pas de blouses blanches mais des gilets oranges, et en guise de béchers, d’énormes bidons où une équipe prépare des mortiers de scellement. La visite n’en est pas moins passionnante et l’on s’initie aux différentes techniques de creusement, de chemisage, on découvre des voussoirs avec des couches plus ou moins compressibles. Le long des grandes galeries, allant de 5 à quasiment 9 mètres de diamètre, s’égrènent les câbles poussiéreux, les boîtiers électriques ou informatiques et plus de 20 000 points de mesures. Toutes les déformations subies par les matériaux et la roche sont analysées afin de définir les techniques optimales pour la réalisation du site d’enfouissement. Une fois remontés à l’air libre, plus le temps d’aller visiter l'écothèque, où sont conservés des échantillons de toute la faune, la flore et les champignons dans une zone de 90 km autour du site. Dommage, on aurait fait aussi un peu de biologie.

 

Visite des installations de l’Andra à Bure
Mercredi 24 Octobre 2018 (Jour entier)
Centre de Meuse/Haute-Marne
55290 Bure