Nous avons même écrit au Président de la République, pour lui montrer les insuffisances de l'information scientifique, médicale et technique, notamment à la télévision et dans les journaux de province. A notre demande, Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Recherche, convoqua à Paris les patrons de quotidiens régionaux pour leur demander d'engager des journalistes spécialisés. Tous furent d'accord, mais rien ne se passa. Nous avions obtenu du Ministre de la Recherche de partager une fois par mois son petit-déjeuner, pour évoquer à la fois l'actualité et nos problèmes professionnels. Malheureusement, cette excellente initiative, qui s'était poursuivie très cordialement avec Hubert Curien, est tombée depuis en désuétude, et c'est dommage.
Je citerai pour conclure trois actions de l'AJSPI que je considère importantes. La première est l'ouverture, au début des années 80, de discussions avec ceux qui préparaient la Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette. Elles aboutirent à placer nos représentants dans le Comité d'Orientation qui posa les fondations de la Cité, et à signer la convention organisant la présence de l'actualité dans la Cité, notamment par la salle Sciences-Actualité, qui a toujours été dirigée par un journaliste.
La seconde action essentielle fut la participation de membres de l'AJSPI, notamment comme enseignants, à la formation de nouveaux journalistes scientifiques, tant dans les écoles spécialisées qu'à l'Université Paris VII ou celle de Montpellier.
La troisième action, lancée en 2001 et qui se poursuit avec succès actuellement, c'est, avec l'aide du Ministère, l'organisation d'échanges de chercheurs et de journalistes : cela permet à chacune des parties de mieux connaître, en les vivant au quotidien, les problèmes professionnels de l'autre, ce qui est essentiel pour resserrer le climat de confiance. Il y a 10 ans, pour les 40 ans de l'association, nous avions organisé un colloque qui s'intitulait "Chercheurs/journalistes : qui manipule qui ?". La question est toujours d'actualité.