Je proposerai une loi d’orientation pour la recherche couvrant la période 2013-2017 et qui aura pour objectif de donner une perspective à la recherche, de préciser le rôle et les priorités de chaque organisme de recherche publique, et d’alléger le poids des contraintes administratives.
Les priorités de la recherche publique devraient aller, à mon sens, vers l’énergie (énergies renouvelables, économies d’énergie), les nanotechnologies, la lutte contre le cancer et les maladies dégénératives, le numérique, l’environnement et la sécurité alimentaire ainsi que les sciences de la société.
Je souhaite valoriser le parcours doctoral qui n’occupe pas, dans notre pays, la place qu’il mérite. Cela tient de l’instabilité des financements et de débouchés insuffisants. L’Etat devra inciter les partenaires sociaux à reconnaître le doctorat dans les conventions collectives des entreprises, car il s’agit de vraies compétences mobilisables dans le secteur privé. Nous devrons également encourager le recrutement de jeunes docteurs dans la haute fonction publique locale et nationale.
Oui, je suis partisan d’un « Small Business Act » qui permette de favoriser l’accès des PME aux marchés publics, à la sous-traitance et au crédit. Nous devrons également simplifier les contraintes administratives et fiscales pesant sur ces entreprises.
Je souhaite conserver le crédit impôt recherche, qui a eu des effets bénéfiques sur le niveau de la recherche privée. Ce dispositif sera complété par un « crédit impôt innovation », qui bénéficiera à toutes les PME qui choisiront de faire appel à un laboratoire universitaire pour développer des techniques de production nouvelles. Il s’agit ainsi d’accroitre l’innovation au sein des PME, et de créer des liens entre université et entreprise.
Notre priorité doit être de développer des sources d’énergie alternatives qui puissent, un jour, remplacer le nucléaire. Cela s’inscrit néanmoins dans un temps long, à un horizon de 50 ans. Dans l’intervalle, il nous faut bien évidemment poursuivre la recherche sur le nucléaire, qui est une bonne énergie de transition, afin de le rendre plus sûr et moins producteur de déchets. Nous devrons néanmoins intensifier notre recherche sur des sources d’énergie sûres et non polluantes.
Je souhaite que le lien entre l’université et l’entreprise autour de projets innovants soit plus systématique. Les pôles de compétitivité ont été une première mesure en ce sens. Le crédit impôt innovation que je propose en est une autre.
Le crédit « impôt innovation » concernera tous les investissements des PME en faveur de technologies de production ou d’organisation nouvelles leur permettant d’accroitre leur efficacité.
Je suis favorable à la poursuite d’un moratoire sur les OGM destinés à l’alimentation. Mais nous ne devons pas nous interdire de poursuivre les recherches sur les domaines importants pour notre avenir, notamment sur les nanotechnologies et la santé. Cela nécessite bien entendu que toutes les garanties éthiques soient assurées, et je pense que les chercheurs en sont particulièrement conscients.