Marine Le Pen

1. Depuis plus de 20 ans, tous les gouvernements ont affiché l'objectif d'un effort de R&D de 3% du PIB. Ils ont tous échoué, cet effort dépasse de très peu les 2%. Quel objectif vous fixez-vous, et en quelles proportions pour la recherche publique en part de réalisation d'ici 2017 ?

Nous avons nous-même fixé l'objectif de 3%, que nous atteindrons en 5 ans, en partageant cet effort avec la recherche privée. Nous avons mentionné cette volonté de soutien de la Recherche française dans le programme présenté dès novembre 2011, et dont le chiffrage a été présenté à la presse le 12 janvier 2012.

2. Le gouvernement sortant a réorganisé l'Enseignement supérieur et la recherche, et modifié son mode de financement (LRU, ANR, AERES, IDEX...). Allez-vous conserver, changer ou abroger ces dispositifs ?

Conformément à notre projet présidentiel, certains de ces dispositifs seront assez profondément modifiés, en vue d'améliorer leur efficacité, fort décevante jusqu’à maintenant.

3. La France produit actuellement un peu moins de 10.000 docteurs es-sciences par an, dont environ un quart d'étudiants étrangers, un chiffre stagnant depuis près de 20 ans. Voulez-vous, durant votre quinquennat, maintenir ou augmenter ce chiffre ? A combien doivent se chiffrer le nombre et le montant des contrats de doctorants financés par l'Etat ?

Nous souhaitons augmenter assez fortement le nombre de docteurs ès sciences nationaux, la France en ayant besoin à la fois au niveau de la recherche fondamentale, de la recherche appliquée ainsi que dans les entreprises industrielles et de services. La ré industrialisation de la France est à ce prix. Parmi les options possibles, nous envisageons d'aider matériellment davantage de octorants pendant leurs études longues et difficiles, en contractualisant cette aide par un engagement post-doctoral à travailler pour la recherche et l'industrie françaises pour une période à déterminer. Le montant alloué pourra dépendre de la durée de l'engagement et de la longueur des études, ainsi que de la priorité donnée au secteur de recherche, mais deva permettre au doctorant de pouvoir se consacrer entièrement à ses études sans nécessiter un travail complémentaire.

4. C’est la croissance des PME qui crée l’emploi, et non les grands groupes. Mais cette croissance est difficile en France. Allez-vous contraindre les marchés publics à recourir pour une part aux PME et défendre au niveau européen une telle mesure ?

Cette mesure fait effectivement déjà partie de notre projet présidentiel: nous la ferons respecter à l'intérieur de nos frontières, et les candidats qui font, de nouveau, cette promesse au niveau européen, mentent car c’est interdit par les Traités qu’ils soutiennent en parallèle…

5. Le Crédit d'impôt recherche a été présenté comme un outil majeur de l'Etat pour développer la recherche privée, et son montant a été augmenté jusqu'à près de 5 milliards par an. Allez-vous le conserver dans son principe (toute recherche privée est à soutenir) ? Allez-vous garder ou modifier son mode de calcul actuel qui favorise les grandes entreprises ?

Nous voulons soutenir en priorité les PME et leur développement, interne et externe. Pour cela nous favoriserons les petites structures de recherche, tout en privilégiant les domaines de recherche qui s'inscrivent dans les filières que nous voulons développer, d'un point de vue industriel, social ou commercial, afin de soutenir notre redéploiement économique et la ré industrialisation de la France.

6. Allez-vous poursuivre les recherches sur des réacteurs nucléaires de Génération IV, maintiendrez-vous ou stopperez-vous le programme Astrid (réacteur de démonstration à neutrons rapides du CEA) ?

Nous comptons continuer la recherche dans le domaine nucléaire (hydrogène, plasma) et, plus généralement dans tous les domaines "énergétiques" (de la géothermie et de l'énergie marémotrice ou 'courant motrice' à l'éolien ou au photovoltaïque), sans négliger les recherches sur d'éventuels nouveaux carburants.

7. Comment rendre plus efficace le soutien public dont l'innovation a besoin ? Considérez-vous qu'il faille réorienter la recherche publique vers les besoins de l'économie et des Entreprises ?

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8. L'innovation doit aussi être sociale et d'organisation, comment la favoriser par une politique publique l'accompagnant jusqu'à son déploiement ?

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9. La société s'est interrogée sur la pertinence de la mise en œuvre d'innovations comportant des risques controversés. Quelle sera votre politique concernant les domaines controversés des OGM, des nanotechnologies, de la biologie de synthèse ? Comment la France pourra-t-elle garder l’expertise scientifique et le poids nécessaire pour défendre ses points de vue ?

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