Gagner le droit de traiter l'information médicale dans la grande presse fut la première grande bataille de l'AJSPI. A l'époque, en effet, la plupart de ses membres traitaient à la fois de science et de médecine. Quelques praticiens avaient eu l'idée astucieuse de créer une agence d'information médicale, fonctionnant uniquement avec des médecins. Les patrons de presse furent enchantés de cette initiative, qui allait signer la mort de l'information médicale. Il fallut donc que nous bataillions ferme, heureusement soutenus par quelques grands patrons, comme les professeurs Milliez ou Péquignot. Ces derniers eurent l'intelligence de dire à leurs pairs qu'il ne devait pas en être autrement de la science et de la médecine que de la justice, des faits-divers et de la politique : ce n'était pas les magistrats qui écrivaient les comptes-rendus de procès, ni les policiers ceux des crimes. Nous avons réussi à publier des articles dans des revues scientifiques et médicales, à intervenir lors de congrès pour faire passer quelques idées simples mais originales à l'époque, comme celle qui consiste à montrer que l'une des meilleures façons d'assurer une information honnête est d'instaurer des relations de confiance entre le journaliste et ses informateurs.
L'AJSPI fut présente au Colloque de Caen, en 1966, qui marqua le lancement de la recherche scientifique publique, avec le recrutement de plus d'un millier de chercheurs. Et la situation s'est améliorée. Au fil des années, les chercheurs ont commencé à s'intéresser aux problèmes de la diffusion de la science. L'AJSPI participa avec eux, dans les années 70 et 80 notamment, à toutes des instances créées pour développer la culture scientifique et technique. En même temps, sont devenus membres de l'Association des scientifiques, des professeurs de science, des médecins, qui avaient choisi de devenir journalistes - et qui comptèrent parmi les plus connus de nos membres, comme Nicolas Vichney, Albert Ducrocq, Martine Barrère, Nicolas Skrotzky ou Claudine Escoffier-Lambiotte. L'information médicale se développant, les "médicaux", comme nous disions, formèrent en 1970 leur propre association, l'ANJIM. Certains restant d'ailleurs aussi à l'AJSPI, qu'ils jugaient sans doute plus dynamique. Dès sa création, l'Association a manifesté ce dynamisme de plusieurs manières. Elle a créé dès 1957 un prix "Découverte" qui récompensa des équipes de jeunes chercheurs. Le Club est né en 1967, avec l'ambition affichée d'assurer de bons rapports avec les chargés de relations extérieures des entreprises et des organismes publics. Son but était aussi, comme aujourd'hui, d'assurer le financement de l'Association qui ne reposait au départ que sur les cotisations de ses membres.